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Eastern Mediterranean Health Journal |
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Volume 12 No 6 November 2006 |
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Étude rétrospective des souches de Salmonella isolées à l’hôpital iranien de Kermanchah
M. Charifi1 et A.A. Salehi2
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1Université
des Sciences médicales de Qazvin, Qazvin (République islamique d’Iran)
(Correspondance à adresser à M. Charif : dr_m_sharifi2002@yahoo.com).
2Université des Sciences médicales de Kermanchah,
Kermanchah (République islamique d’Iran).
RÉSUMÉ:
Nous avons réalisé une étude concernant des souches de Salmonella
isolées d’hémocultures et de l’aspiration de moelle osseuse à l’hôpital Sina
de Kermanchah pendant les années 1989-1990 et 1999-2000. Au total, 496 (12,3
%) et 60 (2,4 %) souches de Salmonella ont été isolées (à partir de
4020 et 2447 cultures). En 1989-1990, les souches isolées étaient S.
typhi 448 (90,5 %), S. paratyphi A 40
(8 %), S. paratyphi B 5 (1 %) et S. paratyphi C
3 (0,5 %). En 1999-2000, les souches isolées étaient S. typhi 59
(98,5 %) et S. paratyphi B 1 (1,5 %). Il y a eu une diminution
des prélèvements de l’ordre de 60,9 % sur ces 2 périodes. Le taux
d’isolement des Salmonella est passé de 12,3 % (1989-1990) à 2,4 %
(1999-2000). La résistance des souches de S. typhi à l’ampicilline,
au chloramphénicol et au triméthoprime-sulfamétoxazole a été augmentée 10,2,
8,3 et 6,6 fois respectivement.
Retrospective study on the isolated strains of Salmonella in an Iranian hospital in Kermanshah
ABSTRACT: A survey of occurrence of Salmonella in blood and bone marrow cultures was conducted in 1989–1990 and 1999–2000 (Sina hospital, Kermanshah). A total of 496 (12.3%) and 60 (2.4%) Salmonella strains were isolated (from 4020 and 2447 cultures). In 1989–1990, the isolated strains were: S. typhi 448 (98.5%), S. paratyphi A 40 (8%), S. paratyphi B 5 (1%) and S. paratyphi C 3 (0.5%). In 1999–2000, the isolated strains were S. typhi 59 (98%) and S. paratyphi B 1 (1.5%). There was a 60.9% reduction in the number of specimens over the 2 periods. The rate of Salmonella isolation fell from 12.3% (1989–1990) to 2.4% (1999–2000). There was a 10.2, 8.3 and 6.6 times increase in resistance of S. typhi strains to ampicillin, chloramphenicol and trimethoprim-sulfamethoxazole respectively.
Introduction
Depuis la première observation d’Eberth concernant le bacille typhique (1880) et ensuite la découverte des autres salmonelles, il se déroule plus d’un siècle [1]. Mais l’infection à Salmonella demeure toujours un problème sanitaire important dans les pays développés ainsi qu’en développement. La salmonellose est un problème sanitaire qui exige une surveillance nationale et internationale [1]. Salmonella typhi est un pathogène strictement humain qui cause la fièvre typhoïde. Environ 5 % des patients, après la guérison clinique, restent porteurs de germes (même si les Salmonella seront susceptibles à ceux-ci) [1]. La fièvre typhoïde est encore un grand problème de santé dans le monde entier [2-5], avec une estimation universelle de 12 à 33 millions de cas annuels [5]. L’émergence de la résistance aux antibiotiques, l’augmentation du taux des souches résistantes, à cause d’un usage irrationnel des antibiotiques, et le transfert de la résistance entre différentes bactéries ont tous contribué à compliquer le problème [1,6,7,8]. Les souches multirésistantes de S. typhi ont été, depuis 1987, responsables des épidémies de typhoïde en Asie et en Afrique [9].
Les fièvres typho-paratyphoïdiques sont l’une des principales causes d’admission des malades au centre hospitalier universitaire (CHU) de Sina à Kermanchah, situé à l’ouest de l’Iran, à 525 km au sud-ouest de Téhéran, à la frontière avec l’Iraq.
L’objectif de ce travail
est de présenter les résultats de deux études menées pendant les années
1989-1990 et 1999-2000. Elles concernaient les salmonelles isolées
d’hémocultures et de l’aspiration de moelle osseuse dans la région de
l’ouest de l’Iran. Les deux études se sont intéressées aux
taux d’isolement des salmonelles d’hémocultures, à la répartition des
sérotypes ainsi qu’à leur résistance aux antibiotiques de première intention
(ampicilline, chloramphénicol et triméthoprime-sulfamétoxazole).
Méthodes
L’étude a porté, en deux périodes (1989-1990 et 1999-2000), sur les malades hospitalisés au CHU de Sina. Pendant ces périodes, 496 et 60 souches de Salmonella ont été respectivement isolées. Les extrêmes d’âge des patients ont été respectivement de 6 et 75 ans (avec une nette prédominance des sujets âgés de 10 à 29 ans représentant 77,6 % de la population) et de 15 et 60 ans (avec une nette prédominance des sujets âgés de 20 à 39 ans représentant 66,7 % de la population). Dans la première période, 299 patients étaient de sexe masculin (60,3 %) et 197 de sexe féminin (39,7 %) soit un ratio hommes/femmes de 1,5. Dans la deuxième période, 35 patients étaient de sexe masculin (58,3 %) et 25 de sexe féminin (41,7 %), soit un ratio hommes/femmes de 1,4.
Les prélèvements de sang et de moelle osseuse ont été inoculés dans le milieu d’hémoculture. L’isolement est fait sur les milieux de gélose au sang de mouton à 5 % et de gélose à Salmonella-Shigella [1,10,11,12]. Le diagnostic bactériologique est obtenu sur la base des caractères biochimiques [1,12,13]. La détermination des sérotypes est faite avec les sérums anti-S. typhi, S. paratyphi A, B, C, BioMérieux. Les organismes isolés sont ensuite examinés pour la sensibilité aux antibiotiques, en utilisant la méthode de diffusion en gélose [14,15] avec des disques BioMérieux.
Résultats
Dans la première période, à
partir de 4020 cultures examinées contenant 3575 (89 %)
hémocultures et 445 (11 %) aspirations de moelle osseuse, 496
(12,3 %) souches de Salmonella ont été isolées. Dans la deuxième
période, à partir de 2447 cultures contenant 2416 (98,7 %) hémocultures et
31 (1,3 %) aspirations de moelle osseuse, 60 (2,4 %) souches de
Salmonella ont été isolées (Tableau 1). La répartition des sérotypes est
consignée dans le tableau 2. Les pourcentages de résistance aux
antibiotiques sont présentés au tableau 3.



Discussion
La fièvre entérique continue d’être le problème majeur de santé publique, spécialement dans les pays tropicaux [15]. Les fièvres typho-paratyphiques sont l’une des principales causes d’hospitalisation au CHU de Sina à l’ouest de l’Iran.
La comparaison des résultats obtenus en deux périodes montre la diminution des prélèvements de 4020 à 2447, soit 60,9 %. Le taux d’isolement des salmonelles est passé de 12,3 % à 2,4 %. Autrement dit, il est divisé par 5 sur une période de 10 ans. Une étude réalisée au Pakistan (1998-1999) montre un taux d’isolement de 3,4 % à partir de 9035 hémocultures [16]. Ce taux dans la région du nord de l’Inde montre une augmentation pendant les années 2000-2001 [15]. Aux Philippines, il était de 31,2 % à partir de 1530 hémocultures [17]. Ces taux sont certainement supérieurs à celui dans notre travail.
Non seulement le nombre de
souches isolées est divisé par 7,8 dans notre étude, mais aussi la
répartition des sérotypes s’est restreinte de plus en plus. C’est-à-dire
S. typhi, S. paratyphi A, B et C pendant la
première période ont été remplacées par S. typhi et S. paratyphi B
au cours de la
deuxième période. Malgré ce changement observé, S. typhi reste
toujours l’organisme le plus prédominant au cours des deux pé-riodes (90,5 %
et 98,5 % des souches isolées respectivement). S. typhi est
l’organisme le plus prédominant dans les autres pays comme en Inde [18]
et aux Philippines [17]. Depuis 1996, l’infection à S. enterica
paratyphi A a augmenté en Inde [19]. Cet organisme couramment
isolé en Inde [18,19], au Gabon [20], aux Philippines [17]
et au Viet Nam [21] ne se trouve plus dans la deuxième période de
notre travail. Le taux d’isolement de S. paratyphi B est infé-rieur à
celui déclaré à Santiago, c’est-à-dire
18,8 %, [22]. N’oublions pas que cette ville a une position unique à
cet égard. S. paratyphi C a aussi une telle situation au Gabon,
constituant 59 % et 25 % des souches isolées au cours des années 1980 [2]
et 1992-1996 [20] respectivement.
La multirésistance de
S. typhi aux antibiotiques de première intention (ampicilline,
chloramphénicol et triméthoprime-sulfamétoxazole) a subi une tendance
ascendante. La résistance à l’ampicilline et au chloramphénicol augmente de
plus en plus (10,2 et 8,3 fois respectivement), tandis que celle au
triméthoprime-sulfamétoxazole (TMS) a subi une moindre augmentation (6,6
fois). Les souches résistantes au chloramphénicol ont été souvent isolées en
Inde, au Viet Nam et en Thaïlande [1]. Cette résistance a été aussi
observée en Grande-Bretagne [3], en Inde [7,24,25], en Égypte
[23] et au Pa-kistan [16], comme notamment en Iran [26].
Depuis 1987, les souches multirésistantes ont été à l’origine d’épidémies
sévères en Asie et en Afrique [9]. La multirésistance à l’ampicilline,
au chloramphénicol et au TMS au Pakistan est de 46,5 %, 39,3 % et 44,8 %
respectivement [16]. Le sous-continent indien était la principale
source géographique des souches multirésistantes isolées pendant 10 ans dans
un hôpital parisien [27]. Cette résistance à Bombay a augmenté de 16
% (1989) à 81 % (1990) [25]. En Égypte, elle est de l’ordre de
48 % des souches de S. typhi isolées [23]. La résistance aux
antibiotiques de première intention a une grande importance. Car en cas de
propagation, l’usage de nouveaux antibiotiques sera indispensable [6].
L’usage de ciprofloxacine au cours des dernières années a abouti à
l’émergence de souches résistantes vis-à-vis de cet antibiotique en Inde [28].
Quoique la multirésistance dans notre travail, surtout la résistance au
chlo-ramphénicol, ne soit pas comparable à celle déclarée au Pakistan [16],
en Inde [18] et en Égypte [23], cet événement doit être
considéré comme un grand problème national.
Il faut tenir compte du fait que les émigrations inconsidérées, pendant les années de guerre imposée par l’Iraq (1980-1988), étaient un facteur important de désordres hygiéniques. La diminution des salmonelles isolées prouve l’amélioration des conditions sanitaires. Nos résultats montrent la prédominance des sérotypes d’origine humaine. Malgré une diminution du taux d’isolement de Salmonella, il est nécessaire de maintenir une surveillance permanente au niveau de la résistance de ces bactéries. De plus, il faut poursuivre et surveiller l’application des mesures hygiéniques face à ce grave pro-blème de santé publique.
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