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Le manque de médicaments indispensables menace la vie des Syriens

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Malgré la fatigue, une mère syrienne console son jeune fils, couché sur un lit d’hôpital et respirant à l’aide d’un masque à oxygène.Le manque de médicaments indispensables a des conséquences dramatiques sur la vie des Syriens.24 janvier 2013 – Le conflit en République arabe syrienne, qui dure depuis 22 mois, a gravement porté atteinte au système de santé national ; 55 % des hôpitaux publics et 10 % des centres de santé publique ont été endommagés ou détruits, et les hôpitaux qui fonctionnent sont souvent surchargés par le nombre de patients. Les usines pharmaceutiques, qui produisaient auparavant 90 % des médicaments et du matériel médical du pays, sont à l’arrêt, d’où la pénurie aiguë de matériel médical et de médicaments, en particulier pour la prise en charge des maladies chroniques.

Les destructions totales ou partielles d’infrastructures clés, comme les établissements médicaux, les dispensaires et les hôpitaux, ont des conséquences dramatiques sur la vie des habitants. Les personnes souffrant de maladies chroniques sont dans l’incapacité de se rendre régulièrement à l’hôpital pour recevoir leur traitement. En raison de l’accès limité aux établissements de santé dû à la situation d’insécurité, des transferts effectués vers des zones plus stables et du manque de médicaments essentiels, il est extrêmement difficile pour ces patients de poursuivre leur traitement qui leur est pourtant vital.

Dans le gouvernorat d'Al-Raqqa, qui accueille 500 000 personnes déplacées, le nombre de patients diabétiques est passé de 10 000 à 21 000 sans qu’aucun traitement antidiabétique supplémentaire n'ait été fourni. Au centre de dialyse d’Al-Thanaa, à Damas, le nombre de sessions gratuites d’hémodialyse a dû être réduit, passant de trois à deux par semaine en raison du manque de machines, de fournitures et de matériels médicaux.

Joseph, six ans, a reçu un diagnostic de leucémie au début de l’année 2012. Il y a neuf mois, le garçon et sa famille ont fui leur village à Daraa pour aller vivre chez un oncle, à Damas. À cause du manque de médicaments pour les patients atteints du cancer, Joseph a dû interrompre son traitement. « Je ne veux pas que mon fils meure », explique son père. « Nous n’avons pas pu nous procurer son traitement depuis trois mois déjà », ajoute-t-il. « Je veux qu’il vive encore longtemps, il n’a que six ans… Mais il est fort, c’est un vrai battant. »

On a diagnostiqué un neuroblastome à Abdo, cinq ans, en mars 2011. Il se plaignait de douleurs sur le côté et un oncologue lui a découvert une tumeur maligne à proximité du rein et de l’aorte. Les médecins ont prévenu ses parents que l’opération comportait un risque pour la vie d’Abdo, à cause de la localisation de la tumeur. Pour l’instant, il n’a pu effectuer que deux séances de chimiothérapie sur les quatre séances nécessaires. Le ministère de la Santé fournissait le traitement d'Abdo presque gratuitement, mais les sanctions économiques, la fluctuation des taux de change et les dégâts infligés à de nombreux hôpitaux et centres médicaux ont des répercussions, d’où le manque de médicaments et de produits pharmaceutiques. Aujourd’hui, les chances qu'Abdo reçoive son traitement à temps s'amenuisent. Il a dû quitter sa maison pour rejoindre Alep, en juillet dernier. « Il n’a pas pu terminer son traitement à cause du manque de médicaments anticancéreux », déclare sa mère.

Inconscient du danger, Abdo joue avec son nouveau chat. « Ces médecins n’y connaissent rien », dit-il. « Je me porte beaucoup mieux sans mon traitement. À chaque fois que je le prends, je suis malade. Je n’arrête pas de vomir et ma mère pleure. »

Pour plus d’informations, veuillez contacter Elizabeth Hoff à l’adresse suivante : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

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